Posté le 08.02.2007 par humeurs
Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir;
Valse mélancolique et langoureux vertige!
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir;
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige;
Valse mélancolique et langoureux vertige!
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir!
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige!
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir!
CHARLES BAUDELAIRE- LES FLEURS DU MAL- "Harmonie du soir"
Ah l'anaphore!!!!
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Posté le 08.02.2007 par humeurs

Voici un poème que ma mère nous lisait quand nous étions petits...et je me souviens très bien qu'elle ne parvenait jamais à arriver au bout de sa lecture sans pleurer. Aujourd'hui que je suis plus vieille et sans doute aussi depuis que je suis maman: je comprends!
La porte tout à coup s'ouvrit, bruyante et claire,
Et fit dans la cabane entrer un rayon blanc ;
Et le pêcheur, traînant son filet ruisselant,
Joyeux, parut au seuil, et dit : C'est la marine !
"C'est toi !" cria Jeannie, et, contre sa poitrine,
Elle prit son mari comme on prend un amant,
Et lui baisa sa veste avec emportement
Tandis que le marin disait : "Me voici, femme !"
Et montrait sur son front qu'éclairait l'âtre en flamme
Son coeur bon et content que Jeannie éclairait,
"Je suis volé, dit-il ; la mer c'est la forêt.
- Quel temps a-t-il fait ? - Dur. - Et la pêche ? - Mauvaise.
Mais, vois-tu, je t 1 embrasse, et me voilà bien aise.
Je n'ai rien pris du tout. J'ai troué mon filet.
Le diable était caché dans le vent qui soufflait.
Quelle nuit ! Un moment, dans tout ce tintamarre,
J'ai cru que le bateau se couchait, et l'amarre
A cassé. Qu'as-tu fait, toi, pendant ce temps-là ?"
Jeannie eut un frisson dans l'ombre et se troubla.
"Moi ? dit-elle. Ah ! mon Dieu ! rien, comme à l'ordinaire,
J'ai cousu. J'écoutais la mer comme un tonnerre,
J'avais peur. - Oui, l'hiver est dur, mais c'est égal."
Alors, tremblante ainsi que ceux qui font le mal,
Elle dit : "A propos, notre voisine est morte.
C'est hier qu'elle a dû mourir, enfin, n'importe,
Dans la soirée, après que vous fûtes partis.
Elle laisse ses deux enfants, qui sont petits.
L'un s'appelle Guillaume et l'autre Madeleine ;
L'un qui ne marche pas, l'autre qui parle à peine.
La pauvre bonne femme était dans le besoin."
L'homme prit un air grave, et, jetant dans un coin
Son bonnet de forçat mouillé par la tempête :
"Diable ! diable ! dit-il, en se grattant la tête,
Nous avions cinq enfants, cela va faire sept.
Déjà, dans la saison mauvaise, on se passait
De souper quelquefois. Comment allons-nous faire ?
Bah ! tant pis ! ce n'est pas ma faute, C'est l'affaire
Du bon Dieu. Ce sont là des accidents profonds.
Pourquoi donc a-t-il pris leur mère à ces chiffons ?
C'est gros comme le poing. Ces choses-là sont rudes.
Il faut pour les comprendre avoir fait ses études.
Si petits ! on ne peut leur dire : Travaillez.
Femme, va les chercher. S'ils se sont réveillés,
Ils doivent avoir peur tout seuls avec la morte.
C'est la mère, vois-tu, qui frappe à notre porte ;
Ouvrons aux deux enfants. Nous les mêlerons tous,
Cela nous grimpera le soir sur les genoux.
Ils vivront, ils seront frère et soeur des cinq autres.
Quand il verra qu'il faut nourrir avec les nôtres
Cette petite fille et ce petit garçon,
Le bon Dieu nous fera prendre plus de poisson.
Moi, je boirai de l'eau, je ferai double tâche,
C'est dit. Va les chercher. Mais qu'as-tu ? Ça te fâche ?
D'ordinaire, tu cours plus vite que cela.
- Tiens, dit-elle en ouvrant les rideaux, lès voilà!"
VICTOR HUGO "les pauvres gens III" LA LEGENDE DES SIECLES[COLOR=brown].
Posté le 02.02.2007 par humeurs
LA PEUR
" Je me raidis désespérément, pour ne pas crier, pour ne pas fuir: ce fut un spasme de volonté dont la secousse enfonça mes ongles dans mes paumes (...) Dans une complète possession de moi, je fonçai droit, d'un élan aveugle et fou."
- MAURICE GENEVOIX - CEUX DE 14
" Le visage contracté, les poings crispés, les machoires serrées, nous comptions les coups. Peu à peu, la tête se vide, tout en semblant plus lourde (...) On se sent les jambes molles, les mains froides, le front brûlant. Est-ce cela , la peur?"
- ROLAND DORGELES- LES CROIX DE BOIS
Posté le 02.02.2007 par humeurs
LES FANTOMES
"Quand on sera au bord du trou, faudra pas faire les malins nous autres, mais faudra pas oublier non plus, faudra raconter tout sans changer un mot, de tout ce qu'on a vu de plus vicieux chez les hommes."
LOUIS FERDINAND CELINE- VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT
Posté le 02.02.2007 par humeurs
L'HECATOMBE DE VERDUN
" Les journées sont brûlantes et les morts sont étendus là en rangs serrés. Nous ne pouvons pas aller les chercher tous; nous ne savons pas ce que nous pourrions en faire. Ce sont les obus qui les enterrent."
ERICH MARIA REMARQUE. A L'OUEST RIEN DE NOUVEAU.
Posté le 02.02.2007 par humeurs
POUR NE JAMAIS OUBLIER LES POILUS DE LA GRANDE GUERRE...
LA MORT EN FACE:
"Chacun sait qu'il va apporter sa tête, sa poitrine, son ventre, son corps tout entier, tout nu, aux fusils braqués d'avance, aux obus, aux grenades accumulées et prêtes, et surtout à la méthodique et presque infaillible mitrailleuse." HENRI BARBUSSE. LE FEU.
Posté le 24.01.2007 par humeurs
Sergio Leone dirigeant ses acteurs sur le tournage.
Posté le 24.01.2007 par humeurs
Photo du pont de Brooklin ; aperçu dans le film...
Posté le 24.01.2007 par humeurs
Après des années d'absence Noodles (Robert de Niro) retrouve son viel ami Moe (Mike Monetti), patron fauché d'un bar un peu sordide, encore sous l'emprise de l'admiration qu'il vouait à Noodles...
" - Comment va ta soeur?
- Ca fait des années que je ne l'ai pas vu. C'est une vraie vedette maintenant.
- On aurait du s'en douter. Sur la ligne de départ, on connaît déjà le vainqueur. On connaît d'avance le vainqueur, on connaît d'avance les tocards...
Qui aurait misé un penny sur toi?
- Moi, j'aurais misé tout ce que j'avais sur toi!
- Et tu aurais tout perdu.
- Bon, t'as l'air mort...Bonne nuit.
- Bonne nuit Moe et merci.
- Qu'est ce que t'as fait pendant toutes ces années?
- Je me suis couché de bonne heure."
Extrait de "Il était une fois l'Amérique" de Sergio Leone.
Posté le 23.01.2007 par humeurs
" Le pervers est toujours là où tu n'es pas encore"
Valérie dite "Bibi la belle".
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