Posté le 06.06.2008 par humeurs
"Les rêves sont faits pour entrer dans la réalité, en s'y engouffrant avec brutalité, si besoin est. Ils sont faits pour y réinsuffler de l'énergie, de la lumière, de l'inédit, quand elle s'embourbe dans la médiocrité, dans la laideur et la bêtise."
"Ecrire, c'est descendre dans la fosse du souffleur pour apprendre à écouter la langue respirer là où elle se tait, entre les mots, autour des mots, parfois au coeur des mots."
Sylvie Germain in MAGNUS
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Posté le 05.06.2008 par humeurs

"La grammaire est une chanson douce" est un livre vraiment rafraichissant, écrit par Erik Orsenna il y a quelques années, ce court roman est une ode à la langue française dont l'auteur parait vraiment fou amoureux. Un voyage onirique aux pays de la grammaire en particulier et du lexique également, avec de jolies créations comme celui de cette nommeuse qui a le pouvoir de faire revivre les mots tombés dans l'oubli...Entre le conte et le récit, cette jolie petite histoire est à découvrir dès 10 ans et jusqu'à 99 ans...
" Elle était là, immobile sur son lit, la petite phrase bien connue, trop connue : Je t'aime.
Trois mots maigres et pâles, si pâles. Les sept lettres ressortaient à peine sur la blancheur des draps.
Il me sembla qu'elle nous souriait, la petite phrase.
Il me sembla qu'elle nous parlait :
- Je suis un peu fatiguée. Il paraît que j'ai trop travaillé. Il faut que je me repose.
- Allons, allons, Je t'aime, lui répondit Monsieur Henri, je te connais. Depuis le temps que tu existes. Tu es solide. Quelques jours de repos et tu seras sur pieds.
Monsieur Henri était aussi bouleversé que moi.
Tout le monde dit et répète "Je t'aime". Il faut faire attention aux mots. Ne pas les répéter à tout bout de champ. Ni les employer à tort et à travers, les uns pour les autres, en racontant des mensonges. Autrement, les mots s'usent. Et parfois, il est trop tard pour les sauver.
Posté le 05.06.2008 par humeurs
"Qui sait si cette autre moitié de la vie où nous pensons veiller n'est pas un autre sommeil un peu différent du premier, dont nous nous éveillons quand nous pensons dormir?"
BLAISE PASCAL
Posté le 05.06.2008 par humeurs

« Quand il se réveillait dans les bois dans l'obscurité et le froid de la nuit il tendait la main pour toucher l'enfant qui dormait à son côté. Les nuits obscures au-delà de l'obscur et les jours chaque jour plus gris que celui d'avant. Comme l'assaut d'on ne sait quel glaucome froid assombrissant le monde sous sa taie."
extrait de LA ROUTE.
« Voici un livre qui ne va pas vous lâcher. Vous le lirez le soir, vous ne pourrez le fermer. Vous le lirez jusqu’au bout sans jamais le finir: il continuera de vous hanter, de vous ronger, comme s’il continuait de s’écrire en vous, comme une peur chronique. Vous irez travailler mais vous ne serez pas à votre travail. Vous en rêverez la nuit, craignant pour eux, le père et son enfant qui meurent de froid dans ce monde d’après le monde. Vous serez sur la route, les pieds dans la cendre, à marcher avec eux vers une mer impossible. » Didier Jacob
Occurrence avec « Je suis une légende »…le thème n’est pas nouveau certes mais c’est sans aucun doute la manière dont Mac Carthy le traite qui est originale. Un livre dont quoiqu’il arrive on ne ressort pas indemne, tant la vision semble claire et prémonitoire.
L’écriture est nette, incisive, glacée et glaçante. Peuplé de redondances, le style est épuré à l’extrême comme le monde que nous décrit le narrateur… Les deux personnages n’ont pas de nom, à quoi bon dans ce monde qui n’est plus peuplé que de cendres et de monstres, car monstres ils sont tous, les quelques êtres qui affleurent les pages et dont on n’a pratiquement aucune description précise, l’auteur les bannit définitivement de l’humanité en les privant de nom, ils ne sont plus des hommes, même pas des animaux. Animaux absents du roman comme si l’auteur avait préféré leurs épargner une fin définitivement trop funeste et trop indigne.
La nostalgie est présente, elle arrive par flashs rapides et aveuglants dans la tête du père qui se raccroche à ce ciel bleu qu’il a connu, au chant des oiseaux, au vent chaud…toutes ces petites choses insignifiantes qui peuplent notre quotidien et que nous n’apprécions pas tant elles sont habituelles…nous n’entendons plus le chant des oiseaux…lui, mort, les visions disparaîtront pour ne laisser place qu’à la seule cendre.
L’enfant quant à lui n’a aucune pensée heureuse , on imagine même si ce n’est que suggéré par le narrateur, qu’il n’a jamais connu la terre sous une autre forme que celle des cendres et de la désolation. Ainsi est balayé par le même coup, cette chance absolue qu’est l’espoir, qui nous sauve presque à tous les coups… Car le monde de LA ROUTE est définitivement un monde privé de Dieu. L’homme a progressivement mais sûrement au fil des années, des décennies et des siècles, balayé, effacé et finalement tué Dieu. La menace prémonitoire de Nietchze s’est réalisée « Dieu est mort » et ainsi plus rien ne peut stopper le flot de bestialité, de cruauté avec lesquels il vivait en latence depuis toujours. Tout explose, Dieu disparaît et il n’y a plus de soleil pour réchauffer la terre qui enfante, la cendre couvre tout et tous…. les enveloppes creuses, vidées de leur humanité errent désormais sur LA ROUTE de Mac Carthy et la mort elle-même a déserté la partie, écoeurée par tant de néant.
La question essentielle demeure : quels peuvent être les chimériques buts de l’auteur ? Peut-être nous faire comprendre combien l’humanité est précieuse, en tant qu’entité et en tant que moralité…lorsque l’on perd son humanité, quoiqu’il arrive on est condamné à errer, prisonnier de l’enfer sur terre, aveuglé par les cendres qui pénètrent chaque infime parcelle de notre corps et de notre peau et à manger des bébés cuit sur feu de bois à la broche. L’enfer je vous dis !
Posté le 29.04.2008 par humeurs
Bon je craque sur cette pauvre petite loutre...vraiment exceptionnelle...non?
TROUVEE SUR UN BLOG TRES CHOUETTE: loutreasphyxie.canalblog.com
Posté le 15.04.2008 par humeurs
[i]
"D'où venons nous? Que sommes nous? Où allons nous?" est une des peintures les plus célèbres de Paul Gauguin. Peint à Tahiti en 1897–1898, il est maintenant abrité au Musée des Beaux-Arts de Boston, dans le Massachusetts, aux États-Unis.
Gauguin — après avoir juré de mettre fin à ses jours après l'achèvement de ce tableau (il avait déjà fait une tentative de suicide) — indiqua que le tableau devait être lu de droite à gauche, avec les trois principaux groupes de personnes illustrant les questions posées dans le titre. Les trois femmes avec un enfant représentent le début de la vie, le groupe du milieu symbolise l'existence quotidienne des jeunes adultes, et dans le dernier groupe, d'après l'artiste, « une vieille femme approchant la mort apparait réconciliée et résignée à cette idée » ; à ses pieds, « un étrange oiseau blanc [...] représente la futilité des mots. » L'idole bleue à l'arrière-plan représente apparemment ce que Gauguin décrivait comme « L'au-delà ».
Après cette description de l'œuvre il y a l'interprétation. Dans cette fresque, beaucoup d'éléments ou de motifs appartiennent à d'autres œuvres qu'il a peint quelques années auparavant. Par exemple "Eve Bretonne" en 1889, qui est alors devenue la vieillarde de gauche - la réminiscence est même allée jusqu'à lui faire reproduire les racines tentaculaires qui surmontent la tête -; où bien l'enfant au centre mangeant un fruit, déjà peint l'année précédente dans "Jours Délicieux", même le chaton qui lèche, est dans la même position, avec la même écuelle que dans un petit tableau,et un éventail de 1888. La figure centrale est une version allégorique du nu d'homme aux bras levé, peint aux cours des premiers mois tahitien de Gauguin "L'homme à la hâche" de 1891.[/i]
sources: WIKIPEDIA
Posté le 10.04.2008 par humeurs

« No country for old men » (« non, ce pays n’est pas pour le vieil homme ») est un livre de l’un des plus grands romanciers américains actuels : Cormac McCarthy. Agé de75 ans, c'est un écrivain secret et mystérieux qui se tient depuis toujours à l'écart de l'agitation mondaine...
Un roman saisissant à bien des égards, d’abord par l’écriture souvent compliquée et surtout par le changement incessant des focalisations qui rappelle de manière extraordinaire le style de Faulkner .Il est plus que conseillé de s’accrocher aux branches du cocotier en début de lecture pour ne pas perdre le fil !Un livre que personnellement j’ai lu quasiment d’un trait, et dont on a réellement du mal à se détacher une fois en main…le monde de McCarthy est un univers rude où il ne fait pas bon rêver, où s’endormir peut coûter la vie, où le mal dévaste tout et gagne à tous les coups. Car c’est plus que du mal dont il s’agit, l’un des protagonistes est le Diable en personne, Chigurh est un homme au-delà du mal , il est le Mal personnifié, celui contre lequel on ne peut pas lutter. Un roman sombre très sombre...
A la frontière du Texas, Moss découvre un carnage : un homme à moitié mort , d’autres déjà froids, des armes, de l’héroïne et deux millions de dollars dans une mallette…la tentation est trop forte, il prend l’argent mais on ne vole pas impunément des narcotrafiquants et Moss va devenir le gibier d’une abominable chasse à l’homme…un roman palpitant, que j’ai trouvé pour ma part plutôt bien ficelé et qui m’a donné envie de lire d’autres McCarthy…Un livre donc que je recommande très chaudement à ceux qui n’ont pas peur de la violence et dont il me tarde de voir l’adaptation cinématographique qu’en ont fait les frères Coen….
Posté le 01.04.2008 par humeurs

Et un bon petit film de vampires pour remonter le moral des troupes ! le mythe du vampire me fascine, c’est pourquoi j’ai littéralement couru voir « 30 jours de nuit »… Alaska, de nos jours. Au coeur de l'hiver, les habitants de la paisible ville de Barrow s'apprêtent à passer, comme tous les ans, un mois sans soleil. À la suite d'une série d'évènements étranges, Eben et Stella, les deux shérifs locaux, vont découvrir l'invraisemblable vérité. Un gang de vampires a investi la ville pour l'éradiquer de tous ses habitants. Eben, Stella et un petit groupe de survivants vont alors tenter de survivre jusqu'à l'aube...dur, dur...
La nuit polaire pour des vampires vous imaginez la fête absolue ! Encore fallait-il y penser et c’est déjà à priori ce que j’ai aimé dans le film. De plus, les créatures sont novatrices, nouveau sang si j’ose dire, du jamais fait ce qui est rare pour le genre. Les ficelles sont parfois ridiculement grossières et les personnages caricaturaux mais on se laisse embarquer pourtant avec un certain plaisir (ça c’est mon côté pervers- masochiste !)…en bref pour ceux qui aiment avoir peur (normalement ça devrait fonctionner si je me réfère aux réactions épidermiques de ma maman, placée à mes côtés lors de la projection) la séance souvent éprouvante tiendra toutes ses promesses…
Posté le 01.04.2008 par humeurs

Ben ouais, j’aime bien les thrillers…"MR73", film d’Olivier Marchal ("36, Quai des Orfèvres") est une œuvre fort dérangeante, ce qui n’est pas étonnant de la part du réalisateur qui nous a annoncé la couleur dès son premier opus : "GANGSTERS" …ponctué de scènes à la limite du soutenable , ce film restera je pense celui de la prestation absolue d’Auteuil, absolument énormissime dans le rôle d’un flic brisé à la dérive.
Un tueur en série ensanglante Marseille. Louis Schneider, flic au SRPJ, mène l'enquête malgré l'alcool et les fantômes de son passé. Le passé resurgit aussi pour Justine. 25 ans plus tôt, ses parents ont été sauvagement assassinés par Charles Subra. Schneider l'avait alors arrêté. Mais aujourd'hui, par le jeu des remises de peine et pour bonne conduite, Subra sort de prison. Cette libération anticipée va alors réunir Schneider et Justine, deux êtres qui tentent de survivre au drame de leur vie.
Tout au long du film, Auteuil amorce son auto destruction de manière implacable à coup de bouteilles de whisky , sa descente aux enfers est si terrible qu’on en souffre pour lui…
Un long métrage noir de chez noir qu’il vaut mieux éviter cordialement un soir de bourdon au risque de se retrouver pendu aux rideaux de la salle à manger…
Posté le 01.04.2008 par humeurs

Voici typiquement un film que je ne serais jamais allée voir de mon propre chef et pourtant…il faut reconnaître qu’il est vraiment intéressant…très bonne surprise donc pour ce film de Salomé avec un casting impeccable Sophie Marceau (presque impeccable le casting !!!), Marie Gillain , Julie Depardieu et l’excellent Julien Boisselier pour ne citer que les plus connus. L’histoire tarde à démarrer mais une fois lancée, elle tient toutes ses promesses…réflexion sur la guerre (qui décidemment n’est pas belle !) et plus particulièrement sur le rôle des femmes au cours de la seconde guerre mondiale. Des scènes de torture qui remuent les tripes et qui donnent une idée de ce qu’on pu vivre certains résistants. Tortures qui je tiens à le préciser ne sont pas « gore » mais plutôt psychologiques…voir par exemple, la scène où la jeune Gaëlle aux prises avec la Gestapo urine de trouille avant même d’avoir été touché…en bref un film à aller voir ne serait-ce que pour l’hommage qu’il rend à ces femmes peu célébrées qui ont pourtant fait marcher l’histoire…
Engagée dans la Résistance française, Louise s'enfuit à Londres après l'assassinat de son mari. Elle est recrutée par le SOE, un service secret de renseignement et de sabotage piloté par Churchill.
Dans l'urgence, on lui confie sa première mission, l'exfiltration d'un agent britannique tombé aux mains des allemands alors qu'il préparait le débarquement sur les plages normandes. L'homme n'a pas encore parlé mais le temps presse. Louise doit d'abord constituer un commando de femmes spécialement choisies pour les besoins de l'opération. Pour le recrutement, tous les moyens sont bons : mensonges, chantage, remises de peine. Elle engage Suzy, danseuse de cabaret qui excelle dans l'art de séduire les hommes ; puis Gaëlle, chimiste, spécialiste en explosifs ; enfin, Jeanne, prostituée, capable d'assassiner de sang froid.
Parachutée en Normandie, elles sont rejointes par Maria, juive italienne, opérateur radio et dernière pièce du dispositif.
La mission commence bien mais se complique très vite. Contraintes de retourner à Paris, le SOE leur fixe un nouvel objectif, presque suicidaire : éliminer l'une des pièces maîtresses du contre-espionnage nazi, le colonel Heindrich. L'homme en sait déjà trop sur les préparatifs du débarquement.
Cinq femmes, loin d'être des héroïnes, mais qui vont le devenir.
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